Quelques figures d'époque

Francis Garnier (1839-1873), le héros emblématique des ambitions conquérantes de la France en Indochine. Aventurier et explorateur, il est connu pour avoir participé à la mission Doudart de Lagrée d'exploration du Mékong (1866-68). Selon lui, la France devait viser «la reconstitution d'un nouvel empire des Indes dans cette péninsule si heureusement située entre l'Inde et la Chine » pour se créer « des débouchés suffisants pour lutter avec les industries et les commerces rivaux ».L'Indochine deviendrait ainsi une base d'opérations : « Nous nous préparerons ainsi un accès à cet immense marché de la Chine intérieure, si ardemment convoité aujourd’hui par la Russie et par l’Angleterre, et dont la possession suffira à la richesse et à la grandeur de la nation qui sera assez habile pour y pénétrer la première.”
Il meurt décapité par les Pavillons Noirs le 21 Décembre 1873.
Un monument érigé à sa mémoire est visible à Paris (Place Camille Julian (6e), dans lequel ses cendres ont été transférées en 1987.
(source citation : Histoire de l'Indochine, la conquête 1624-1885, par Philippe Héduy, Ed. SPL Henri Veyrier,1983, p.100.)

Jean-Baptiste Marchand (1863-1934), le héros de « l'Affaire de Fachoda » (Mars-Novembre 1898)
La France et la Grande-Bretagne rivalisaient pour le contrôle de la région de Fachoda, sur le Haut-Nil. Les français suivaient un axe Ouest-Est Dakar-Djibouti, les anglais suivent un axe Sud-Nord Le Cap-Le Caire.
Juillet 1898 : Marchand atteint Fachoda (Haut-Nil) et s'y retranche, devançant les anglais.
Rejoint par les troupes anglaises de Kitchener en Septembre, Marchand refuse d’évacuer cette position, créant un incident diplomatique. Après une période de forte tension entre les deux pays, Delcassé lui ordonne finalement d’évacuer en Novembre 1898.
Cet épisode, vécu par les partisans de la colonisation comme une humiliation, contribua à créer l'état d'esprit responsable des initiatives des coloniaux de l'Indochine en direction du Sud de la Chine dont Auguste François fut le témoin, pour « laver l'affront » de Fachoda.

Général François Oscar de Négrier (1837-1913), l'homme qui voulait « faire sauter la Porte de Chine » en 1885.
Voulant « frapper un grand coup » en Mars 1885 à Langson, citadelle à la frontière de la province chinoise du Guangxi, il est contraint de reculer devant la résistance des troupes de l'armée régulière de la province (50 000 hommes). L'échec de cette tentative entraîna la chute du Gouvernement Jules Ferry.
Langson se trouve près de Longzhou, où Auguste François fut en poste en 1896-97. Comme « l'Affaire de Fachoda », la « retraite de Langson » inspira un désir de revanche, favorable aux tentatives d'annexion des provinces chinoises limitrophes de l'Indochine.
Jean-Baptiste (Paul) Beau (1857-1926), proche de Théophile Delcassé et ami d'Auguste François.
Il sera Ministre de France ( = ambassadeur) à Pékin.
De formation juridique, brillant, homme de réseaux, il s'éloignera peu à peu d'Auguste François lorsque ce dernier prendra des positions qui lui paraîtront périlleuses pour sa propre carrière diplomatique.
Auguste Gérard (1852-1922), Ministre (= ambassadeur) de France à Pékin
Il défend ardemment la présence des entreprises françaises et des missions religieuses en Chine. Bien introduit dans le monde des affaires, il est l'auteur du « contrat » du 05 Juin 1896, une habile création juridique qui ouvrit d'étonnantes possibilités (cf pages 68 à 112 du livre) aux promoteurs du chemin de fer de Longzhou du temps où Auguste François y fut en poste (1896-97).
Paul Bert (1833-1886), 1er Résident Général du Protectorat de l'Annam-Tonkin (1886) nommera Auguste François Résident à Sontay, son 1er poste en Asie.
Ancien élève de Claude Bernard, libre-penseur, positiviste, il fut Ministre de l'Instruction Publique sous Gambetta (1881-82). Proche de Jules Ferry, il est comme ce dernier un défenseur de l'expansion coloniale de la France.
Son mandat ne durera que 7 mois : il meurt victime du choléra.
Henri (Laurent) Rivière (1827-1883), homme de lettres et officier de marine.
Il participa aux opérations de Crimée (1854-55), du Mexique (1866-67), en Baltique (1870), en Nouvelle-Calédonie contre l'insurrection canaque de 1878, puis en Cochinchine (1881).
Ecrivain et poète, il compte parmi ses amis Alexandre Dumas fils et l'Impératrice Eugénie.
Comme Francis Garnier, il s'empare (le 25/05/1882) de la citadelle de Hanoi. Comme lui, il meurt (le 19/05/1883) tué par les Pavillons Noirs, près de Hanoi, au Pont de Papier, sur la route de Sontay.
figures_d_epoque.txt · Dernière modification: 2015/05/28 12:10 par emache